Archives de l’auteur : alexandra

CV

Alexandra Guillot
14, rue fontaine de la ville
06300 Nice
alexandraguillot.com
documentsdartistes.org/guillot
lechantdesmatelots.net
OO 33 6 74 18 30 41

Née en1980 à Bayonne (64), France.

Membre du collectif La Station.

Fondatrice du site Le chant des matelots.

EXPOSITIONS PERSONNELLES

2017 : – Contes de l’homme meublé, galerie le 22, Nice, France
– I Have Seen Facts & Fiction, Atelier de Ben, Nice, France

2016 : – I Have Seen Facts & Fiction, Numéro 13, Bruxelles, Belgique
– « Rêver l’obscur », galerie L’entrepôt – Daniel Boeri, Monaco

2014 : – De l’autre côté d’un miroir, Galerie Le 22, Nice France

2013 : – Midnight Tales, Mix’art Myrys, Toulouse, France
– L’heure du loup, Maison Abandonnée Villa Cameline, Nice, France

2010 : – Veilleuses, exposition close, un lieu quelque part, France

2009 : – Miscellanées, galerie La Maison, Nice, France
– Les singularités quelconques, Le lavoir moderne, Paris, France

EXPOSITIONS COLLECTIVES

2017 : – Les vies de Cagliostro, galerie 22,48m2, Paris, France
– Éclairage public, inauguration du 109, Nice, France

2016 : – Run Run Run, Villa Arson, Nice, France
– Impression d’ateliers II, CIAC, Carros, France
– Le Palais idéal des égo étranges, château de Hauterives, France

2015 : – Drawing Room, foire de dessin avec la galerie Le 22, Montpellier, France
– Un automne Public averti*, château de Villequiers, France
– Blackout Basel, Austellungraum Kligental, Bâle, Suisse
– Il était une fois.., Hôtel Burrhus, Vaison la Romaine, France
– Festival Do Disturb, Palais de Tokyo, Paris, France
– Gas Station, Gagliardi Art System, Turin, Italie (avec La Station)

2014 :  – Saison 17, Le Garage, Brive la Gaillarde, France (avec La Station)
– Quand même…, Galerie le 22, Nice, France

2013 :  – Festiwal Narracje, Gdansk, Pologne
– Tabou, totem, fétiche et divan, Le Salon, Nice, France
– Saison 17, Lieu Commun, Toulouse, France (avec La Station)
– Mano a mano, Le Salon, Nice, France
– Cathy, Jean-Paul, Peg Entwistle et les autres, Au 8 rue saint bon, Paris, France.
– Medusa Caravage Salon, Galerie Dominique Fiat, Paris, France

2012 :  – Sunchine & Precipitation, Belfast, Grande Bretagne (avec La Station)
– Proxemie, Le Salon, Nice, France (commissariat)
– Symbiose culturelle, Biennale Off, Dakar, Sénégal
– À la vie délibérée !, Villa Arson, Nice, France (catalogue)
– Le cerveau, Espace à débattre, Nice, France

2011 :  – Ratio Natura Poesis, MDAC, Cagnes-sur-mer, dans le cadre de la manifestation L’art contemporain et la Côte d’Azur
– Cure d’Azote, La Maison, galerie singulière, dans le cadre de la manifestation L’art contemporain et la Côte d’Azur (catalogue)
– Supports d’attaches à sons d’attaques supposées, la Zonmé, Nice, dans le cadre de la manifestation L’art contemporain et la Côte d’Azur
– Pour les femmes, Espace à débattre, Nice, dans le cadre de la manifestation L’art contemporain et la Côte d’Azur
– Que sera sera, CAN de Neuchâtel, Suisse (avec La Station)

2010 :  – Supervues 2010, 3 jours à l’hôtel Burrhus, Vaison la Romaine, France (avec La Station)
– Autostation, La Station, Nice, France
– Le beau le bien le vrai, N.O.S, Tulette, France (catalogue)
– Hortus Medicus, Kunstverein Bad Salzdetfurth, Allemagne (catalogue)
– Les visiteurs du soir, Castel Plage, Nice, France
– Deux jours et trois nuits, galery Elaine Levy Project, Bruxelles, Belgique

2009 :  – 1+2+3+4, CCNOA, Bruxelles, Belgique (avec La Station)
– Ex Voto, Piedrigigio, Corse, France
– exposition collective à la galerie La Maison, Nice, France

2008 :  – Carte blanche à la Station, Palais de Tokyo, Paris, France (avec La Station)
– Subito, chateau de la Lucertola, Apricale, Italie (avec La Station)
– « Que le nouveau émerge de l’ancien » Mao, à cent métres du centre du monde,
Perpignan, France (avec La Station)

2007 :  – Hope you guess my name…, galerie La Maison, Nice, France

2006 :  – Les yeux écoutent, les oreilles regardent, inauguration  de la médiathèque
d’Antibes, France
– écos, festival international d’éco-création, jardin de la Cité du Corbusier, Rezé,
France

2005 :  – Les journées du patrimoine, La friche Belle de Mai, Marseille, France
– Programmation vidéo à la Friche Belle de Mai, Marseille, France
– génération 2005, à la galerie de la Marine et la galerie du Chateau, Nice, France
(catalogue)

2004 :  – #1, exposition d’inauguration, Le désappartement, Nice, France

2003 :  – Lee 3 tau cety central Armory show, Villa Arson, Nice, France (catalogue)
– Mars au musée, Villa Arson, Nice, France

2001 :  – Biennale, Bayonne, France

RÉSIDENCES

2009 : – Le lavoir moderne, Paris

2006 : – China Academy of Art, Hangzhou, Chine

ÉTUDES

2005 : diplôme national supérieur d’expression plastique (DNSEP)

2003 : diplôme national d’art plastique (DNAP)

2000-2005 : école des beaux-arts la Villa Arson, Nice

1998-2000 : préparation aux beaux-arts, Bayonne

BOURSES

2008 : CAC région PACA pour le projet de sérigraphies Graphic Desire.

2010 : AIC DRAC PACA pour le projet photographique Memories.

2012 : CAC région PACA pour le projet d’exposition L’heure du loup.

La perception…

La perception est une faculté bio-physique ou le phénomène physio-psychologique et culturel qui relie l’action du vivant aux mondes et à l’environnement par l’intermédiaire des sens et des idéologies individuels ou collectifs. 2011
Vidéo 16/9, son stéréo, durée : 51 min 33 s

Ce film est constitué d’une collection de vidéos d’apparitions fantomatiques et autres phénomènes paranormaux. Toutes les séquences sont issues d’internet.
Je considère ce film comme une version contemporaine de la photographie spirite, comme une analyse de la représentation du fantôme aujourd’hui (dont le cinéma se sert depuis « Le projet Blairwitch » par exemple).
Le titre n’est autre que le début de la définition du mot « perception » dans Wikipédia. Tout le monde ne serait pas apte à voir ces entités. La problématique du fantôme serait donc une problématique de perception.

Retable

Vidéo 4/3.
Son stéréo.
Durée : 23 min 16 s.

Des images, venues de loin, sauvées du dépérissement. Des images, du corps libidinal à la terre sèche, aride, ingrate des déserts qui toujours établiront, à chaque vision, de nouveaux rapports avec la parole dite et la parole tue de l‘écriture, jamais tout à fait audible ou déchiffrable. Vulve, mur de Léonard de Vinci : la matière mouvante du vidéographique se transporte dans une aube de l’image, dans une naissance sans cesse reportée, inachevée dans le mouvement qui, dans la palingénésie, mène de la mort à une naissance imparfaite qui n’est jamais tout à fait renaissance. Une poétique du glitch où l’altération tire tout à la fois vers un état antérieur, un état premier, impossible, et la pulvérisation, le démembrement par le dernier trou noir avant la fin des fins. Des images qui comme un cierge luisent, vacillantes, dans « l’ombre où le soleil se tait ».

Yann Ricordel

Retable est un film expérimental proposant une traversée des enfers, du purgatoire et du paradis.

Dans cette épopée, il nous fallait un guide, tout trouvé en la personne Dante Alighieri. Des extraits de sa Divine Comédie accompagnent les tableaux extérieurs, prologue et épilogue du film : composés d’images abstraites, ils sont portés par une musique composée et jouée par l’artiste plasticien Jérôme Poret.

Ayant pris soin de détériorer encore un peu plus les images que Robin Decourcy lui a confiées, Alexandra Guillot détruit la plupart des repères figuratifs (mis à part le cas des enfers) afin de donner de l’importance aux sous-titres et au son. Ainsi nous traversons les enfers avec les paroles de l’inquiétant pasteur Harry Powell extraites de La nuit du chasseur, puis le purgatoire, avec le texte d’une prière Tarkovskienne issue du Sacrifice accompagnée d’une studieuse suite pour violoncelle de Bach. Enfin, cernés par les vents, nous atteignons le désert du Paradis sous l’égide de Bunuel et sa Voie Lactée.

Certains meurent pas moi

Certains meurent, pas moi
2014
vidéo 10 min 27 sec

« La pensée sans l’image fait du poète le plus vivant le bavard le plus fastidieux.[1]»

Sous le prétexte d’une fiction, Certains meurent, pas moi est une œuvre qui explore les relations entre son, image et texte.

Alexandra Guillot nous raconte dans cette vidéo l’histoire d’Hector, qui se réveille dans un endroit obscur et indéterminé. Nous suivons ses pensées, plus ou moins rationnelles et lucides selon les moments. Des images floues et colorées l’accompagnent ; un son sourd, grave et cliquetant suit un crescendo qui trouvera son point culminant à la fin du récit. Pas de voix off, seule une ligne d’écriture défile en bas de l’’image comme une bannière.

Le texte suit le fil des pensées d’Hector et ne s’interrompt qu’à deux reprises. Il construit une narration en trois parties : un prélude, un récit[2] sous forme d’analepse (ou de flashback) et un épilogue. Alexandra Guillot utilise donc une structure dramatique classique, mais n’apporte pas de dénouement à son histoire. Elle laisse délibérément le champ libre à l’imagination du spectateur : Hector est-il en train de mourir ? D’halluciner ? De rêver ?

Les images, le son et le titre ne nous aideront pas plus que le texte à découvrir la vérité, nous laissant avec ce pauvre Hector dans les limbes. L’atmosphère est ici monstrueusement douce : le son et l’image, organiques, mutants, angoissants, pourraient illustrer une nouvelle d’Howard Philips Lovecraft ou d’Edgar Allan Poe, tandis que le texte nous renverrait plutôt vers la prose d’Haruki Murakami de par son calme et son onirisme. Leur dialogue confère à l’œuvre une qualité de phantasme, de rêve éveillé[3].

La vidéo originale est issue des archives personnelles de l’artiste : retravaillée numériquement, elle a subi différentes altérations produisant une abstraction, une juxtaposition de figures mouvantes et distordues. Celles-ci ressemblent à des phosphènes, phénomènes qui se traduisent par la sensation d’avoir des taches lumineuses dans le champ visuel, y compris les yeux fermés (notamment dans les états de demi-sommeil ou en cas de troubles neurologiques).

Le dialogue entre l’animation de formes filmiques et la partition sonore rappellent les œuvres de Fischinger, Eggeling ou bien encore Ruttmann, dont les films ont marqué la première partie du vingtième siècle ; l’atmosphère surréalisante convoque quant à elle le cinéma expressionniste de la même époque, référence récurrente chez l’artiste.

Ici se pose la question de l’expression formelle de la fiction : en quoi les médiums choisis ont-ils une influence sur le récit lui-même ? Car l’histoire d’Hector n’est pas seulement son récit écrit : elle se forme grâce à la juxtaposition du texte, de l’image et du son, chacune des parties jouant son rôle dans une partition que l’on pourrait nommer narration.

Cette question et ses possibles réponses traversent depuis longtemps déjà le corpus d’œuvres d’Alexandra Guillot, depuis ses textes, fragments d’histoires sans début ni fin à l’onirisme parcellaire et halluciné[4], jusqu’à ses vidéos les plus récentes, notamment Retable (2013), déjà structurée en 3 actes ou tableaux à partir d’extraits filmiques variés.

Pauline Thyss, février 2015

[1] Laocoon ; Lessing, 1766, chapitre 18 (édition Hermann)

[2] Le mot « récit » est ici délibérément utilisé dans sa fonction issue de la tragédie classique, la narration d’un événement qui a lieu hors de la scène.

[3] « Les phantasmes poétiques [sont] par leur enargeia, des rêves éveillés. » (phantasmes : tableaux poétiques ; enargeia : illusion ; chez les grecs, notamment Homère). Laocoon – Chap 14 ; Lessing, 1766

[4] voir pour exemple le document « Vrac » ; qui regroupe les textes d’Alexandra Guillot. Vous y trouverez une version du texte de la vidéo Certains meurent, pas moi, légèrement différente. Vous découvrirez également qu’il s’agit en réalité du second texte intitulé ainsi par l’artiste.

graphic desire

fragiles impressions