Archives de l’auteur : alexandra

SCULPTURES / INSTALLATIONS

Le dernier regard.
Matériaux mixtes
Vue de l’exposition avec Avis de grand frais, Cannes. Avec La Station.
2018


L’homme meublé
Installation 300 x 400 x 255 cm
2017
Vue de l’exposition Éclairage public, Le 109, Nice


Table de nuit (L’envers du décors)
2017
Vue de l’exposition Les vies de Cagliostro, galerie 22m48, Paris.


Catoptromancie
2017
Vue de l’exposition Les vies de Cagliostro, galerie 22m48, Paris.


Le repos des sereins
2016
Vue de l’exposition Impressions d’atelier, CIAC, Carros


Table de nuit (Le Baron Samedi)
2016
Vue de l’exposition Run Run Run, Villa Arson, Nice


Sans titres
2014
Vue de l’exposition à Le Garage, Brive la Gaillarde. Avec La Station.


Table de nuit (Gute Nacht)
2015
Vue de l’exposition Blackout Basel, Austellungraum Kligental, Bâle, Suisse.


L’envol
2O13
Vue de l’exposition Saison 17, Lieu Commun, Toulouse, France. Avec La Station.


Proxémie sonore
En collaboration avec Gaël Navard
2012
Vue de l’exposition Proxémie, Le Salon, Nice.


Le cabinet de l’architecte
2009
Vue de l’exposition Ex Voto, Les charpentiers de la Corse, Piedrigigio, Corse


Le bouquet de la mariée
2010
Vue de l’exposition Autostation, La Station, Nice, France


Les formes creuses
2008
Vue de l’exposition Carte blanche à la Station, Palais de Tokyo, Paris. Avec La Station.


Neon
2008
Vue de l’exposition Subito, chateau de la Lucertola, Apricale, Italie. Avec La Station.


La tombe du chevalier errant
2008
Vue de l’exposition Subito, chateau de la Lucertola, Apricale, Italie. Avec La Station.

Ce qui reste.

artisconspiration.com
2017

 

 

 

Ce qui reste était une façon de dire adieu. D’une manière autre. Travailler le deuil plutôt que le subir, l’affronter artistiquement plutôt que psychologiquement — même si les deux peuvent être et sont liés, bien évidemment — en donnant la parole (qu’elle soit musicale, plastique, photographique ou vidéographique) à sept artistes.

Pour présenter le projet, nous avions posé la question à ces sept artistes de la pérennité. De leur œuvre. Ce qui, à leur sens, resterait. De leur travail, de leur implication dans leur art.

Les réponses, sous forme d’une vidéo sans contrainte aucune, sont arrivées, chacune reflétant à la fois leur personnalité et leurs obsessions, prenant étrangement le parti chez la majorité d’entre eux d’interroger non pas ce qui resterait de leur travail, mais de leur vie. Ou de la vie, de manière plus générale.

Ainsi, la vidéo d’Alexandra Guillot qui, désincarnée dans le sens où c’est une voix synthétique qui prend la parole et dit le texte proposé en surimpression à l’image (on y reviendra), choisit de mettre une distance considérable entre l’artiste et la question. Distance que manifesteront les images, paysages de montagne survolés, que l’on attribuerait — à tort — en premier lieu à un arrière-pays, qu’il soit niçois ou pyrénéen puisque Alexandra, originaire de Bayonne, s’est établie dans le sud de la France. Pixelisée à outrance, l’image se place d’elle-même dans un passé métaphorique, témoignage usé d’une époque ou d’une technique photographique ou vidéographique révolue, abîmée par le temps plus que par choix (effet voulu en tout cas). Le texte se déploie alors, défilant sur ce paysage en même temps que la voix artificielle le décrypte, butant sur les mots, les décomposant, en erronant parfois la diction à la manière d’un ordinateur fatigué, déversant sa science aux allures de prophétie — et là encore, lorsque l’on suit le travail de l’artiste, on sait son intérêt pour un sensible irrationnel tenu pour science exacte ou son attrait pour la Chine, et sa philosophie ancestrale.

On ne dévoilera pas ici quel message l’artiste transmet au spectateur par le truchement de cette voix morte, passée, dépassée techniquement, à l’obsolescence quasi-programmée. On insistera par contre sur le choix des images, Julie Andrews et son célèbre The hills are alive extrait de La Mélodie du Bonheur, qui à son tour, distancie admirablement l’intention et le réel. Comme si une vie se résumait à des scènes de films surannées et aux prédictions séculaires et galvaudées des bonbons chinois. Et qu’il ne restait justement personne pour les voir et les entendre.

Laurent Herrou, pour * Public Averti / Conspiration
Ce qui reste
 : http://artisconspiration.com/ce-qui-reste/

 

I Have Seen Facts & Fiction

Numéro 13
Bruxelles, 2016

Mon esprit divague, vague
Peinture, néons.

Catoptromancie
Miroir, bougies.

J’ai oublié le titre
30 pages A5
20 exemplaires signés et numérotés
tamponnés à la main

Fragiles impressions
Carousel à cartes postales, photographies 10 x 15 cm.

Parutions

VOTRE FUTUR EST PLEIN D’AVENIR
suivi de
Alexandra Guillot, une sorcière contemporaine
par Marion Zilio.

Editeur Presses Litteraires
Date de parution 05/12/2016
Collection Atelier Genetique
EAN 979-1031002477
ISBN 1031002472
Nombre de pages 42
Format 12×19

« Je vois que votre livre va être publié et va connaître un grand succès »… « Je vois que votre livre sera en effet publié et je perçois même qu’il rencontrera un franc succès, mais après un démarrage de vente un peu lent »… « Il faut vous préparer et faire preuve de patience »…
Il est des moments rares et étonnants dans la vie d’un artiste, d’un auteur ou d’un éditeur. Quand les dés sont jetés d’avance, quand l’avenir est tout tracé, quand le hasard est incorporé à la nécessité, quand le présent devient futur.
D’avance il était dit que ce livre serait accueilli par un succès d’estime, d’avance il était dit que le chemin serait long et difficile pour trouver une maison d’édition susceptible de publier ce drôle d’objet, hybride à mi-chemin entre le livre d’artiste, la recherche conceptuelle et l’essai science-fictionnel.
Alexandra Guillot déborde une nouvelle fois son objet. Celle que l’on qualifie désormais de « sorcière contemporaine » avait jeté le trouble dans l’univers prédictif de la voyance en ligne, elle avait su susciter une attente de ce qui était attendu, elle avait tenté de déjouer l’inéluctable. Une année s’était écoulée, les maisons d’édition, souvent intéressées, restaient en réserve. Après tout, elles savaient par avance que le livre ne serait jamais un best-seller, pour autant le livre allait-il rencontrer le succès ?

4ème de couverture par Marion Zilio.

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EN-MÉNAGEMENT
2016
Nouvelle parue dans ce recueil édité par Jacques Flament.
Éditions.ISBN : 978-2-36336-269-8
PAGES : 120
FORMAT : 210-297
PARUTION : 09/2016
COLLECTION : Hors collections


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GUILLOT_A_LA_MARGE_COUV-1 - copie

À LA MARGE

Editeur Presses Litteraires
Date de parution 10/03/2016
Collection La Petite Epicerie De La Poesie
EAN 979-1031001456
ISBN 103100145X
Nombre de pages 54
Format 12 x 19

La marge, ce serait cet espace quasi-scolaire, sur le bord d’une feuille de papier, après une interrogation écrite, qui regorge d’annotations, qui corrige ou rectifie. La marge, ce serait la ponctuation adulte du travail d’un enfant — c’est aussi la place où l’enfant s’exprime, à coup de dessins qui n’ont de sens que pour lui, sur le moment, face à la chose dite ou cherchant à y échapper, et qu’il dissimulera sous le coude au passage de l’adulte.
Dans le travail d’Alexandra Guillot, la question demeure cependant de ce qui est « à la marge » : le texte ou le dessin ?

4ème de couverture par Laurent Herrou.

Se le procurer.

 

Silencio

Silencio
Exposition Un automne Public averti*, château de Villequiers, 2015

 

1 silencio say who PDT

Vue du festival DO DISTURB au Palais de Tokyo (10.04.15 – 12.04.15).

 

2 Silencio narracje gdansk

Performance retransmise en direct
vue du Festiwal Narracje, Gdansk, Pologne 2013

 

3 silencio cagnes

vue de l’exposition Ratio Natura Poesis, MDAC, Cagnes-sur-Mer 2011

 

4 Silencio supervue vaison

vue de l’exposition Supervues 2010, 3 jours à l’hôtel Burrhus, Vaison la Romaine, 2010

Miscellanées.

Galerie La Maison
Nice, 2009

1-deracine

Déraciné
photographie
env. 20 x 30 cm

SOUCIS

Alexandra est une artiste nomade. Ce n’est pas tout à fait exact. Alexandra est une femme nomade, et quand elle fait de l’art, son nomadisme de femme vient squatter son art d’artiste. Par exemple, voyez cette photo qu’elle a prise en Chine (titrée par elle Déraciné) où un saule pleureur couché parmi ses compagnons debout porte sur son horizon proche une embarcation exotique naviguant plus loin sur le fleuve : déracinement figuré soulignant exil réel. Il est vrai qu’à moi qui connais un peu la vie d’Alexandra, il est plus facile de déchiffrer ce genre d’indices ; il y a quelques années, je recevais régulièrement d’elle des chroniques chinoises et je m’inquiétais de lire dans ses descriptions la pure volonté de dépaysement qui la guidait alors. En réalité, Alexandra n’est pas une femme nomade, mais quelqu’un chez qui l’habiter forme une faculté hypersensible. Tandis que nous autres habitons tout grossièrement et franchement nos habitations, c’est comme si Alexandra était restée étrangère à l’ordre du logis (= l’idéologie domestique) ; de sorte qu’elle perçoit toutes sortes d’installations avec une acuité inquiète et rêveuse. C’est donc une coïncidence heureuse si La Maison lui a commandé une exposition monographique, car l’artiste y trouve une belle occasion de contre-habiter cet espace, qui a toujours plié les expositions qu’il accueillait à sa fonctionnalité première (toilettes et salle de bains comprises). Contre-habiter, ce sera alors décliner des formes paradoxales d’habitation, en jouant sur la « fonction tableau », par quoi se symbolise d’ordinaire le caractère habitable d’un lieu, autant que sur le genre de l’installation, qui embrasse tout l’espace réel d’une pièce ou d’un espace intérieur complexe. Au salon vide, ainsi, fleurissent des pensées si évidemment cultivées qu’on ne peut pas ne pas penser sauvage en les voyant jaunir sous l’ampoule…

Joseph Mouton

 

1-fragile

fragile
scotch

 

4-strass

strass
clous

 

6-le jardin a l interieur-2 7-le jardin a l interieur-3 8-le jardin a l interieur-4

Le jardin à l’intérieur
terreau, pensées, cage à oiseau, lumière
dimensions variables

 

9-les yeux des marges de mes cahiers

Les yeux des marges de mes cahiers
sérigraphies rehaussées à l’encre de chine

 

10-silencio

silencio
destructeur de document, table, papier, broderie (« sur le vide papier que la blancheur défend » Stéphane Mallarmé), ampoule

 

11-sans titres

Sans titres
livres, bibliothèque
dimensions variables

 

Veilleuse, exposition close.

 

Un lieu quelque part, 2010

1(culture)

(culture)
serre de jardin, guirlande de LED

 

2 bas reliefs

bas reliefs
dimension variable

 

5-le grand architecte4-le grand architecte-2

le grand architecte
table, brindilles, colle à bois, lampe d’architecte env. 160 x 100 x 70 cm

 

VEILLEUSE

La fête foraine, dans sa grande violence sensorielle, grave à jamais des souvenirs d’ivresse joyeuse dans nos yeux tendres. Si on envisage l’enfance d’Alexandra Guillot et son très probable émerveillement devant les lumières des manèges, on ne peut plus ignorer, pour regarder ses récents travaux d’artistes, les clignotements et néons qui ont veillé à sa découverte des barbes-à-papa.

Mais l’enfance foraine n’empêche pas d’avoir peur du noir. La vive inquiétude qu’elle produit est proportionnelle à l’imagination …. Et Alexandra a de l’imagination, simplement plutôt que de la mettre au service de la peur, elle lui attribue plutôt la tâche de faire de la nuit un faire-valoir aux lumières.

Bien qu’on ne puisse réduire à une seule interprétation les pièces lumineuses d’Alexandra Guillot, il est difficile d’échapper aux questions suggérées par la raison éclairée. Les philosophies du XVIII° siècle pourraient en effet, dans le contexte politique actuel, nous être fort utiles. Il y a dans les veilleuses d’Alexandra quelque chose comme une résistance au pouvoir obscur et violent qui censure, qui discrédite l’intelligence, l’étude et l’érudition. Alexandra aime l’art et ses propositions le démontrent discrètement. Quelques lampes de bureau révèleront un mur ancien pour le transformer en bas-relief. Une serre, cerveau, prendra le nom de «(Culture)».

Les veilleuses d’Alexandra Guillot se présentent comme des sculptures contextuelles où l’architecture est essentielle. Ici le labyrinthe bien que réduit à quelques salles tarabiscotées suggère les constructions méditerranéennes les plus anciennes. Chargées d’abriter les monstres, c’est-à-dire les choses à montrer, elles ont aussi pour fonction de les tenir captifs; une exposition close en quelque sorte. Si le vieux couple autonomie/contexte joue ici à plein régime c’est parce que la tension produite entre les deux par l’obscurité est à son comble. Pièces et «pièces» s’occultent et se magnifient mutuellement et alternativement.

Il y a dans les propositions d’Alexandra Guillot cette approche binaire, en damier, qu’on peut retrouver dans ses derniers travaux avec le Yi-Jing. L’alternance des deux signes censée décrire toutes les bifurcations possibles du destin semble être un modèle de travail. Le livre des transformations se présente comme la possibilité de comprendre la complexité à partir de la simplicité. Un assemblage simple ou même une lampe de chevet conduit chez Alexandra à des réflexions sinueuses. Elle utilise, somme toute, une vertu de la lumière qui consiste à faire voir et donc concevoir

Julien Bouillon, septembre 2010

Ratio Natura Poesis

MDAC, Cagnes-sur-mer, 2011
Dans le cadre de la manifestation L’art contemporain et la Côte d’Azur
Commissariat Anne Séchet.

1 tour de Babel

Tour de Babel
livres de poche
dimension variable

 

7 tissage 1 8 tissage-2

tissage
série de 34 dessins A5 annotés fixés sur plaque de médium

 

5 silencio-1 6 silencio 2

silencio
performance
destructeur de documents, papier, table

 

4 mon amie la rose + sans titre 3 mon amie la rose + sans titre-2

mon amie la rose
buches, roses de fraîches à fanées

sans titre
mousse
dimensions variables

 

2 les architectures malades

les architectures malades
brindilles, ampoule, fil électrique
dimensions variables

Cette exposition aurait pu s’appeler « les tremblements de l’instant » titre d’un dessin d’Alexandra Guillot car chacune des deux artistes présentées élabore son travail dans ce temps imperceptible de l’instant qui s’ajoute à la seconde qui suit, et ainsi de suite . Chaque geste se rajoute au précédent, identique et pourtant différent  car la répétition des gestes se joue au delà la compulsion monomaniaque. Tatiana Wolska et Alexandra Guillot expérimentent au jour le jour chaque tremblements qui surgit dans leur pratique entre raisonnement , pulsion et poésie. Elles construisent des œuvres par strates de temps, mais aussi par feuilletage du matériau qu’elles choisissent. Elles semblent ainsi élaborer des « sculptures-archéologiques » du monde qui les entoure . Ces deux artistes vivent et travaillent sur la côte d’azur mais loin de tout stéréotype d’une nature idyllique elles collectent des éléments « déclassés » (tasseaux, mousse, vieux livres, minuscules brindilles, bouteilles en plastique …) pour en réfléchir les qualités structurelles   tout en construisant une histoire intime tactile avec ceux-ci.

Cette exposition montre à la fois des pratiques d’installation et de sculptures, ainsi que leur intérêt commun pour le dessin. Celui-ci traverse l’œuvre de chacune. Le temps d’une exposition, chacune de ces artistes regarde son propre travail à la lumière du travail de l’autre, autant dans ses différences que dans ces similitudes . Le visiteur se trouve, lui, face à deux univers, riches, où la réflexion et l’intuition se retrouvent intimement mêlées dans la quotidienneté de la pratique et de la poésie du regard .

Anne Séchet